Le lait (payas) est un élément très nutritif en ayurvéda. Il convient aux trois doshas en général, dépendamment de la façon de le consommer. On entend très souvent en médecine ayurvédique que le lait est déconseillé chez Kapha. Cela est en partie vrai. Il est absolument déconseillé chez une personne en excès Kapha qui consomme un lait stérilisé de vache occidentale acheté en épicerie. Pourquoi? Puisqu’il s’agit là du lait le plus pauvre qu’il soit. En plus d’être pauvre en nutriment, faible en propriétés digestif, il contient des protéines indigestes pour la plupart des gens. Donc, oui, un tel lait, bio ou non bio, serait très aggravant chez un Kapha en excès, et je dirai même, chez un Kapha dominant en équilibre.
Il est donc important de comprendre qu’il y a des distinctions à faire entre les sortes de lait. Je n’apprends rien à personne quand je dis que la majorité de la nourriture servie dans un magasin à grande surface est nocive pour le consommateur. Et encore une fois, même pour des produits bio! La meilleure façon de consommer du lait, c’est de le faire bouillir la même journée qu’il a été traie de la vache, et de le prendre d’une vache de type Desi, ou du moins, une qui produit la protéine A2.

Les types de lait
Le lait de vache (go), de brebis (aja), de mouton (urabhra), de buffle (mahisa), de chameau (ustra), de cheval (asva), d’éléphant (naga) et de femme (manusya) est utilisé en médecine ayurvédique. Le lait de ces mammifères contient l’essence (rasa) de plusieurs médicaments.
Les gunas du lait sont nourrissants, lourds, doux, onctueux, refroidissants, laxatifs.
Lait de vache – Go payas
Le lait de vache est entier, est rajeunissant, renforce, et tonique cardiaque. Il promeut l’intelligence, la longévité et la virilité. Cela traite les aggravations de Vayu et Raktapitta (une maladie caractérisée par le saignement de différentes parties du corps).
Lait de Chèvre – Chaga payas
Le lait de chèvre est astringent, sucré, refroidissant, il constipe et c’est léger. Il traite raktapitta, atisāra (diarrhée), kāsā (bronchite) et jvara (fièvre).
Lait de mouton – Urabha payas
Le lait de mouton est doux, onctueux et lourd. Il apaise Pitta et Kapha. Il est légèrement moins froid en action que les autres laits, et convient aux personnes souffrant de kāsā (bronchite).
Lait de buffle – Mahisa payas
Le lait de buffle est extrêmement abhisyandi (congestionne les canaux de circulation). Il est sucré et a le défaut de supprimer le pouvoir de digestion. Pour cette raison, il est donc très indigeste. Il favorise le sommeil et produit un effet refroidissant. De plus, il est plus onctueux et lourd que le lait de vache.
Lait de chameau – Ustra payas
Le lait de chameau est onctueux, tiède, salé, doux et léger. Il est utile dans le cas d’aggravation de Vata et Kapha. Mais aussi dans les cas de flatulence (Ānāha), d’infection parasitaire (krmi), d’œdème (sopha), de problèmes abdominaux (udara).
Lait de jument – Ekasapha payas
Le lait de jument est tiède. Il aide à développer la force, et traite les douleurs aux membres. Ce lait est doux et acide en goût, peu onctueux, salé en anurasa et âcre.
Lait d’éléphant – Hasti payas
Le lait d’éléphant est onctueux, et refroidissant. On dit qu’il réduit la stabilité. Il améliore la vue et la force. Ce lait est lourd, doux, aphrodisiaque et astringent en anurasa.
Lait de femme – Manusi payas
Le lait de femme aide à la longévité et a des propriétés nourrissantes. Il est sain et onctueux. En cure d’inhalation, il traite raktapitta. Quand utilisé en thérapie aksatarpana (coton imbibé de lait apposé sur les yeux), il cure la douleur aux yeux.
Autres informations sur les laits animaux
- Le lait d’une vache noire atténue Vayu et est supérieur en qualité.
- Le lait d’une vache jaune atténue Pitta et Vayu.
- Le lait d’une vache blanche aggrave le Kapha.
- Le lait d’une vache rouge aggrave Vayu.
Le lait de vache qui vient d’avoir un veau ou une vache qui n’a pas eu d’enfant aggrave les 3 doshas. Le lait d’une vache qui a enfanté il y a longtemps atténue les trois doshas. C’est rafraîchissant et cela développe la force.
La vache qui consomme de l’herbe, de la paille et des graines de coton est utile pour les malades.
Le lait de vache chaud qui sort directement de la vache après avoir été traie, aide au renforcement. Il allège tous les doshas et stimule la digestion. Quand ça devient froid après la traite, cela aggrave les trois doshas.
Le lait de femme est une exception à cette règle, car il est utile seulement quand il est refroidi. Le lait froid cause Āmavāta (rhumatisme).
Lait chaud (Dhārōṣṇa)
Le lait de vache est thérapeutique quand il est qualifié de Dhārōṣṇa (qui veut dire lait chaud) et le lait de buffle l’est quand il refroidit après la traite. À la différence, le lait de chèvre est bénéfique quand il est chaud après ébullition. Le lait de mouton est meilleur quand il est chaud après ébullition. Tandis que le lait de chèvre est meilleur quand il est froid après ébullition.
Cuisson du lait
En général, le lait qui a bouilli et servi chaud apaise Kapha et Vata. Alors que le lait refroidit après ébullition, apaise Pitta. Notez que selon l’Ayurvéda, pour rendre digeste un lait animal, il faut simplement le faire bouillir après traite de la vache.
Le lait bouilli avec moitié eau est léger et sera utilisé dans certains cas. Tandis que le lait bouilli en excès aura un pourcentage d’eau diminué, et sera plus dense, lourd, aphrodisiaque et aidera à construire de la force.
La couche de lait formée à la surface d’un lait bouilli, appelé santānikā, aide à développer la force et la virilité. Cela apaise Pitta et Vayu. La mousse de lait, quant à elle, apaise les trois doshas. Elle aiderait à augmenter la capacité digestive. On dit qu’elle est bénéfique en cas de diarrhée et de fièvre chroniques.

Qui devrait consommer du lait selon l’Ayurvéda?
Les personnes avec une grande puissance digestive, les personnes très maigres, les enfants ou les personnes âgées, les personnes qui ont beaucoup de relations sexuelles, car le lait augmente la production de spermatozoïdes.
Bien sûr, si vous avez une intolérance au lactose, attendez-vous à avoir des réactions suite à la consommation de produits laitiers.
Source: Materia Medica of Ayurveda, 1934.
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